Transparency international2019-09-252019-09-252011-04-0620091998-6432http://hdl.handle.net/20.500.12424/177592"Dans les pays les plus gravement atteints, la corruption est institutionnalisée et enracinée dans la société : elle est dans l’ordre naturel des choses et il est alors difficile d’identifier la corruption en tant que problème spécifique. Les générations plus anciennes peuvent avoir intérêt à maintenir le statu quo, ou bien être lasses des promesses fallacieuses de changement. À l’inverse, les jeunes sont généralement plus ouverts à des transformations de grande échelle et ont la volonté de les faire aboutir. Les parents, les professeurs, les hommes politiques, les employeurs modèlent l’environnement dans lequel les jeunes devront agir et leur donnent la capacité de prendre les bonnes décisions. En tant que groupe, les jeunes forment une part importante des communautés et des sociétés au sein desquels ils vivent. Selon les chiffres les plus récents, les jeunes de 15 à 24 ans représentent un cinquième de la population mondiale, et vivent, dans leur majorité, dans un pays en développement.1 Si l’on ajoute les jeunes de moins de 15 ans, les jeunes représentent 60% de la population des pays en voie de développement et près de 30% de celle des pays industrialisés.2 Comme le montrent ces statistiques, les jeunes ont le poids numérique nécessaire pour susciter des changements sociaux et constituent une force sans égale, capable de faire basculer l’équilibre des forces dans le combat mondial contre la corruption. Il sera donc difficile de réaliser de nouveau progrès sans faire jouer aux jeunes un rôle de premier plan. 2. Les jeunes et la corruption, quel lien ? La corruption affecte davantage les jeunes, en raison de leur implication dans tous les aspects de la vie sociale, en tant qu’étudiants, militants, citoyens, travailleurs, consommateurs et électeurs.3 Les jeunes sont, par leur nombre, la variété de leur rôles et des transactions qu’ils concluent, exposés plus que d’autres groupes au risque d’avoir à payer des pots-de-vin. Selon le Baromètre Mondial de la Corruption (2009) qui mesure le niveau de la petite corruption, les jeunes de moins de 30 ans sont le groupe qui indique payer le plus fréquemment des pots-de-vin. En moyenne, dans les 69 pays couverts par l’enquête, 16% des jeunes de moins de 30 ans ont dit avoir versé un pot-de-vin au cours de l’année précédente.4 À l’occasion de leurs relations avec l’administration et les entreprises, les jeunes se trouvent souvent en première ligne sur le front de la corruption. Il arrive qu’ils doivent payer pour aller en classe, passer un examen ou obtenir un emploi. Payer peut devenir une étape obligée pour décrocher un premier emploi ou le seul moyen de remporter les rares postes proposés face à une concurrence de plus en plus forte (cf. encadré)."freWith permission of the license/copyright holderkillingdictatorshipPolitical ethicsEconomic ethicsCommunity ethicsLa jeunesse et la corruptionJournal