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Réduire les coûts de la corruption pour les pauvres dans le secteur de l’eau

Transparency International
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"Les vulnérabilités existantes, générées par le sexe, l’âge, l’appartenance ethnique ou à tous ces facteurs à la fois, sont renforcées et aggravées lorsque le contrôle des ressources en eau est corrompu. Lorsque la corruption infeste les projets hydroélectriques, les pauvres perdent plutôt que gagnent quelque chose des améliorations prévues dans les services d’irrigation, de production d’énergie et de développement. Les mécanismes sont rarement en place pour empêcher les fonctionnaires publics et les responsables de projets de détourner les fonds prévus pour dédommager les plus démunis qui ont été déplacés par la contruction d’un barrage. L’exemple du barrage des Trois-Gorges en Chine, où des cas de corruption ont été rapportés dans le versement des US $26 milliards (16,5 milliards d’euros) prévus pour la réinstallation des personnes déplacées, démontrent la gravité du problème. Dans la seule province de Hubei, on estime à US $36,4 millions (23 millions d’euros) le montant des fonds détournés des bénéficiaires sur une période de deux ans, ce qui a déclenché des mouvements de protestation de la part des résidents à qui ces fonds étaient destinés.1 Même les projets d’irrigation qui visent à améliorer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté peuvent accroître la marginalisation de certaines catégories de population. Par exemple, les stratégies de gestion participative peuvent échouer lorsque les voix de certains, en particulier celles des femmes, ne sont pas également prises en compte dans les décisions relatives à l’usage de l’eau. D’autres problèmes surviennent lorsque la corruption pénètre dans le processus politique. Les pauvres et les agriculteurs qui dépendent de cultures vivrières sont les derniers servis en eau et en subventions publiques dont ils ont besoin. Au Mexique, les faits démontrent que les exploitants agricoles qui font partie des 20% plus grands producteurs nationaux reçoivent 70% des subventions gouvernementales affectées à l’irrigation. De l’Asie aux Amériques, des cas similaires d’accaparation des ressources en eau par les grands propriétaires terriens ont entraîné une chute dangereuse du niveau des réserves d’eau souterraine et l’appauvrissement des petits fermiers. Le poids de la corruption dans les ressources du secteur n’est pas non plus réparti également et les pauvres en paient le plus lourd tribut. Dans les pays en voie de développement, on estime que la corruption augmente de 30 à 45% le coût du raccordement d’un foyer au réseau d’adduction d’eau. La corruption peut mener à l’élaboration de politiques et la mise en oeuvre de projets qui privilégient les classes moyennes et supérieures tandis que les pauvres doivent assumer des coûts élevés et un accès insuffisant au réseau d’eau. Ces prix élevés combinés à des mesures politiques biaisées ont accru de plus de US $48 milliards (30,4 milliards d’euros) le coût de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en matière d’eau et d’assainissement, qui constituent pourtant des éléments indispensables pour résoudre la crise du secteur de l’eau."
Note(s)
Topic
Type
Journal
Date
2009-06-18
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