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Abstract
L’Église Protestante de Genève commence à promouvoir le 500e anniversaire de la réformation en 2017 (cf. : http://ref-500.ch/fr). Avant février-mars toutes les paroisses de Genève auront communiqué quelques idées en ligne avec quarante thèmes: http://assembleedeleglise.epg.ch/pour-commencer/ inspirés des nonante cinq thèses sur l’indulgence de Luther. Rappelons que Luther, en octobre 1517, s’attaquait à la pratique contestable d’échanger, contre une somme d’argent la remise de certains devoirs de bon chrétien, pour soi-même ou pour ses proches : marchandage qui semble à juste titre travestir le sens même du péché et de la grâce. Acquérir la licence de ne pas faire un séjour au purgatoire, après avoir péché, est contraire à l’idée d’un droit naturel, ou un procès de reconnaissance réciproque, partagé de manière équitable entre chacun dans une communauté. Un procédé de création d’antivaleurs, qui tourne le dos au fondement perfectionniste de l’éthique chrétienne chez Luther. Le grand réformateur pratique une éthique de l’effort à se préparer à la grâce, par une connaissance concrète de ce qui est bon, et en faisant tout ce qui est en soi donné, pour faire fructifier le potentiel de salut en chacun de nous. Luther préfigure une notion de responsabilité de l’être humain, que le philosophe contemporain Hans Jonas exprime vis-à-vis du développement technologique, dans son impact sur le monde vivant (création, biosphère). Cette transposition est frappante et d’une grande actualité. Selon Jonas, une capacité est donnée à l’homme non seulement de dominer la nature, dont il fait partie, car l’homme n’est pas un être vivant comme les autres, lorsque nous prenons en considération le statut de sujet libre, en l’être humain, faculté par laquelle nous pouvons planifier des actions, et prendre des décisions qui peuvent changer durablement notre existence individuellement et collectivement. L’argument de Jonas est direct, il sonne comme un avertissement « la présence de l’homme dans le monde physique peut être annulée du fait des pouvoirs inédits de la technologie moderne, laquelle est capable d’atteindre les conditions de la vie elle-même » (Goffi, H. Jonas, Dict. d’éthique, p. 979, t1 ; cf. Le principe de la responsabilité, 1979). Une détérioration progressive de l’environnement distincte d’une catastrophe brusque et massive, mais qui tous les jours semble être confirmée de manière globale, ne devrait pas être considérée comme une simple vue de l’esprit. C’est sur cette ligne que des membres de la paroisse de Chêne, rassemblés en un petit groupe de réflexion, se sont fixés pour but de produire une Charte de justice climatique, en faisant écho au thème No. 20 des Églises protestantes de Genève : « ‘Remplissez la terre et dominez-la’. Et quand cette domination menace la planète ? »
Note(s)
Topic
Type
Preprint
Date
2015-10
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